vendredi 27 avril 2007

Il y a eu fête et je n'étais pas invitée

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Dans le square, il y a des ballons qui se sont accrochés les pieds dans la cime d'un arbre en s'en allant. Depuis quelques jours ils flottent tout là-haut, métalliques et surréalistes, anachroniques, en attente de crever là je suppose.

Ce qu'ils me rappelent ces jours-ci c'est que ma vie d'expat est en train de s'ancrer dans la solitude, un isolement à chiangere* par bout. Les pierres ont beau être de miel, des Cotswolds ou du siècle treizième, il n'y aura jamais rien pour battre une bonne poignée de main, un hug, une bière ou une invitation à souper.

Ici, les liens se créent furtivement, et n'offrent pas de suite facilement. Plutôt le désarroi quand on n'a plus ou presque d'entourage connu et que le téléphone et la porte d'entrée font désespérément silence. Difficile. Trouver des amis doit partir de mon propre élan et je n'y suis plus du tout habituée. Et certains jours, je constate que je n'en ai pas en grande quantité de ce-la. Je deviens sauvage**.

Presque tous les expats finissent par bloguer je suppose.

Je prends la décision de me magner l'arrière-train et de foncer sur les occasions de converser avec du monde avec de la chair et des os. Pas que je vais cesser d'écrire. Mais plutôt que je ne vais pas qu'écrire ou penser à écrire. Bloguer est un leurre si on s'y attache trop, je le découvre. On croit se connaître mais ce ne sont parfois que des jeux de miroir.

Demain, je fais un autre pas dehors. Je prends déjà des cours d'italien et j'ajoute ceci: Cours de cuisine et langue italiennes. Une nouvelle approche. Le samedi matin. Je ne suis pas matinale mais tant qu'à me dépayser. Décarcanner.

À suire.



* Chiangere: pleurer (piangere) en dialecte napolitain.**Sauvage : sobriquet désignant une personne sauvage, vivant à l'écart (du latin silvaticus = de la forêt)

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