La Guerre de Sept Ans - La suite
Faut croire que la bisbille entre la France et l'Angleterre renaîtra toujours de ses cendres. Les mains dans les poches, on lève le nez l'un sur l'autre avec un sourire toutes dents dehors, sur fond de mépris ancestral et néanmoins plutôt vif. On l'avait appris chez-nous à nos dépens de 'tits moutons blancs frisés qui s'étaient faits raser le toupet aux plaines d'Abraham par Wolfe et ses 'tits papouts. La méchante guerre de sept ans entre la mère-patrie et le père-envahisseur, on l'a vécu. Ben, figurez-vous qu'elle va recommencer.
Bon je digresse. Ce texte sera un peu décousu. Mais ça fait du bien. Et vous allez comprendre ce préambule un peu plus tard cette semaine. Peut-être.
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Arpents Verts Nous Voici !!
Vous ai-je déjà dit que les Anglais sont fous de propriété ? Une véritable obsession. À peine sevrés, l'idée de mettre le pied sur le premier échelon du "property ladder", l'échelle du détaché/semi-détaché, ne les quitte plus. Il doit bien y avoir une dizaine d'émissions de télé tous réseaux confondus, qui traitent de l'épineuse question de l'accès à la propriété. Plusieurs comptables lâchent le job et s'improvisent développeur immobilier. Et on publie des tonnes de magazines à circulation bien ciblée, reliure allemande, high-gloss, avec de "vrais articles"! Rien de trop beau s'il-vous-plaît pour attiser le marché hyperactif du real estate et traquer la moindre livre sterling immobilisable.
Un exemple: Homes under the hammer ou comment mettre la patte à l'encan sur un cagibi dont personne ne veut et faire fructifier ses talents de fin renard. Et on assiste comme ça au make-over extrême d'une cambuse humide faite sur le long où squattent toutes sortes de bébittes et de vieux éviers rouillés pour devenir un gracieux 4-1/2 rectangulaire et ensoleillé, coloré crème et beige neutre et prêt à vendre pour deux fois le prix payé. Et on passe et repasse l'image sordide de "avant" en fondu sur plan flou lumineux du châtelet remodelé. Wahhhhhhh, dirait Sol.
Ketching £££ Et gros plan sur l'informaticien hilare et sa fiancée abasourdie que l'on congratule pour son sens des affaires inouï et sa connaissance des tables de multiplication et de la régle de trois. Et pour son nouveau plan de pension garanti. J'en bave. L'immeuble ici est une machine à faire de l'argent. Ça n'arrive qu'aux autres. Ça fait rien, je reste collée à l'écran comme une sangsue. Voir passer un mur du jaune citron au beige tendre me donnera toujours des frissons.
Vivre en ce pays
Les prix des propriétés ici sont tout simplement exhorbitants. Au cours des 12 derniers mois se terminant en janvier 2007 , les prix des belles maisons et beaux appartments de Londres ont grimpé de 25.8%. Pour la propriété moyenne, on parle de 11%. C'est ÉNORME ! Pendant que certains s'enrichissent assûrément, ceux qui pensent à une première propriété ont la marche haute ! Avoir un toît donne du fil à retordre aux couples, célibataires endurcis de même qu'aux parents soucieux de l'avenir de leurs Tanguys.
T'as beau travailler comme un dingue, c'est pas dit que tu l'auras ton rêve. Un jeune couple de professionnels que je connais, Amanda et David, y font justement face là, maintenant. Amanda sait qu'elle est enceinte depuis Noël et le couple regarde avec désolation le flat qu'ils louaient jusqu'à maintenant dans le nord de la ville. C'est vraiment trop petit, trop sombre. Peuvent tout de même pas mettre la bassinette dans le corridor ou dans le salon ! Et puis ça prend une cour, de l'herbe, un arbre...
En fait, le problème de math tourne au mal de tête différentiel et intégral quand on devient famille et qu'il faut définitivement faire une croix sur Londres et sa périphérie pour trouver pignon dans les contrées environnantes. Amanda et David trouveront bien sûr une maisonnette agréable, mais justement, plus elle sera agréable, plus elle sera loin de Big
Ben et plus il leur faudra se taper des heures en troupeau au milieu de leurs congénères cernés et de mauvais poil et avec pour seul ami un paquet de cigarettes (l'Angletterre fume toujours, eh oui!). Pendant une heure et demie à deux heures, matin ET soir !
S'ils choisissent trop éloigné, avec l'école ou la garderie, le surtemps occasionnel mais inévitable avec un job de professionnel(le), ils n'arriveront tout simplement pas dans le temps. Alors faudra faire le compromis de pièces plus petites ou d'une cour plus exigue, sinon l'un des deux ne pourra plus aller travailler. Et avec l'hypothèque... Vous allez dire, ouais c'est pareil au Québec. Mais je vous dirai qu'il y a une petite différence entre "commuter" entre Mont-St-Hilaire ou Laval et Montréal et se taper la circulation infernale des autoroutes anglaises entre Harlow ou Tadworth ou Bracknell et Central London, par exemple.
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Tasse-toé ma tante/mon oncle
Ce qui mène (assez) directement je trouve, au phénomène de l'angry shopping cart vécu chez Tesco ou Sainsbury's, nos Provigo et Lobelaz anglais, vers les 19h00. Ce n'est pas le temps de lire les petits caractères sur le pot de beurre de pinotte, je vous en passe un papier (une autre expression maternelle) ! Parce que le fameux "compromis" finalement sanctionné par le couple anglais est inmanquablement trop juste.
Fa que... ôte-toi d'là qu'on soupe à soir !
Et on te fonce dessus.
J'imagine aussi que c'est à ça, à son hypothèque que pense le chauffeur de taxi quand il pèse dessus en me voyant précautionneusement poser le pied du trottoir au pavé...
Rien de personnel.
(à suivre... Au pays de Big Brother)
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