Kràsný Praha

Prague la belle. Prague la magnifique. Le Paris de l'Est. La Rome du Nord, au milieu de ses 7 collines. Ville aux cent clochers... Golden City. Prague a toujours fait rêver. Ville aux mille légendes elle porte presqu'autant de noms qu'elle a d'admirateurs.

Inutile de se casser la tête, Prague se "fait" avec de bons souliers, à pied sur les pavés de cobblestones, en tram ou en... bâteau !
La Vltava courre entre les 2 berges de la cité, avec d'un côté le quartier Hradčany et le fameux Pražský hrad, château de Prague, forteresse et complexe d'édifices de toutes les époques. L'ensemble entoure comme un écrin la grande Katedrála svatého Vita (cathédrale St-Vitus), énorme joyau d'architectures gothique et Renaissance.

Le château contient aujourd'hui les bureaux du président de la République Vaclav Klaus.
L'extravagante St-Vitus appelant le cielÀ l'intérieur de la cathédrale étroite, les voûtes gothiques hautes d'une trentaine de mètres impressionnent et regardez-moi ces vitraux !

Petite anecdote du XIVe siècle (1393)
Sur le pont Charles, une statue attire l'attention: Jan Nepomuk (Jean Népomucène. Tout un nom pour un joli garçon). Paraît-il que Venceslas IV, roi jaloux et soupçonneux d'une liaison secrète qu'aurait eue son épouse adorée, aurait tenté d'extirper d'un pauvre prêtre (le placide Jean Népomucène) les secrets de confession de madame.
Devant le refus d'obtempérer de Jean, Venceslas ordonna qu'on le torture. Devant son refus réitéré, il fut ordonné qu'on jetasse le pauvre encore enchaîné dans la Vltava, par dessus le pont. C'est alors qu'une auréole d'étoiles se serait élevée au-dessus de l'eau, juste la l'endroit où le dernières bulles du religieux auraient disparu. Ce qui occasionna qu'on s'empressât de le canoniser. D'où la statue érigée en 1600 quelque.
Une croix en or à quelques pieds de la statue de Saint Jean Népomucène témoigne de l'endroit d'où il a été jeté dans la rivière. On dit qu'y toucher porte chance. Passer tout droit et ne pas y poser au moins un doigt... eh bien là, on ne se porte plus garant de rien.
En fait, on dit que toute l'histoire camoufle plutôt un conflit politique entre le roi et son vicaire. Ce dernier aurait fait venir à Prague un archevêque ou autre grand ecclésiastique que l'ami Venceslas ne prisait pas.
Pas grave. On prend pas de chance. Croyants et non-croyants s'arrêtent et touchent le pied d'or de cette croix pour faire un voeu.
Je me demande si le mien se réalisera.

Ici St Augustin (Pourquoi lui et pas les 29 autres ? Fouillez-moi !)La vieille ville Staroměstská
Josefov le ghetto juif s'y trouve. Ou plutôt ce qu'il en reste. Après des siècles et des siècles de persécutions de toutes sortes, dépendant du pouvoir en poste et de la religion de l'un ou des humeurs despotes de l'autre, suivies de réhabilitations, puis de ré-ostracisation, 90% de sa population a été exterminée entre 1941 et 1945, via le camp de travail de Theresienstadt (Terezin), à environ 45 minutes de Prague, en route pour la "solution finale"*.
En remontant vers le square on trouve la synagogue Staronová, la plus âgée d'Europe (les précédentes se sont éteintes de vieillesse, ont été assaillies, brûlées ou sont tombées sous les bombes) et la petite allée Cervená qui la longe. Puis l'horloge astronomique Pražský orloj sur le square de la vieille ville bat le temps depuis 1490.
Pražský orloj: La fameuse horloge astronomique. Une légende dit que devant tant de splendeur, les conseillers de la ville auraient fait crever les yeux de son architecte, Hanus de la Rose pour s'assurer que jamais une horloge d'une telle beauté puisse être construite ailleurs.
Une autre légende affirme que Hanus, brillant comme quatre, aurait détraqué son oeuvre de telle sorte que pendant cent ans, l'horloge n'a plus rien indiqué qui ait du sens. 100 ans, c'est de la vengeance ça mesdames et messieurs. C'est une légende par contre.
En réalité, l'horloge magnifique a dû être réparée maintes fois. La dernière remontant à 1948, puisque les Nazis n'avaient pu s'empêcher de "l'allumer" avant de prendre la fuite en 1945 à la Libération de Prague par la résistance et l'armée russe.
L'église catholique Notre-Dame de Tyn: sur le square de la vieille ville. Elle abrite le tombeau de l'astronome danois Tybo de Brahe. Les 2 clochers ne sont pas de même taille, vous le remarquez ? Au Moyen-Âge on s'attachait à bien établir les différences entre les sexes. Les Praguois appellent le profil de ces 2 clochers "Adam et Ève". Le plus gros c'est qui ?
On déambule toujours, très heureuses de porter nos sexy bottes de marches brunes et... on arrive au Václavské náměstí, le fameux square Wenceslas.
Le Square Venceslas: tout au bout, on aperçoit le dome du Narodní Muzeum (Musée National). C'est devant la statue équestre de St Venceslas face au musée et sur toute la grande place qu'ont eu lieu les plus grandes manifestations politiques populaires de l'histoire tchèque de même que les grands moments de répression par les forces de l'armée et de la police. La "révolution de velours" s'est terminée là avec la chute du régime communiste en 1989. Aujourd'hui on y joue au poker (il y a plusieurs casinos), magasine, dîne et travaille. Le Václavské náměstí est considéré comme le lieu d'affaire de la capitale.Et si on mangeait peut-être...
La République tchèque a fait son entrée dans l'Union Européenne en 2004 et devrait joindre l'union économique vers 2008. Entretemps, la couronne tchèque (Kr cz) est la monnaie qu'on aime. Rien à cirer des euros et pas toujours d'accord avec la carte de crédit. Préfèrent le sonnant et trébuchant.

Un bon repas pour 2 (avant le vin) au Café Jungmann , charmant bistrot situé sur une petite rue piétonnière dans le dédale de ruelles qui bordent la place Wenceslas, se vendra autour de 500 Kr, soit environ $25-$30 Can. Il y a aussi du très bon vin du pays à 50 Kr ($2,75) le verre.**
Il est toujours possible d'y aller un peu plus fort. Ben oui. Comme au tout-à-fait "posh" HOT Restaurant ma chère, où Poulette et moi avons fêté la St-Valentin. Ravies du décor, de l'ambiance feutrée et du service au départ, n'en sommes pas moins ressorties le pas lourd et le bedon bombé de desserts avec une platim de 2 145 Kr madame ($115 Can - verre de vin compris pour maman ;) !! Le sticky toffee pudding était... céleste faut dire ! Děkuji vám ! ***
Un café tout près de la Vltava où nous avons savouré un petit après-midi pluvieux à regarder sur l'autre rive: Café Slavia. En quelque sorte le Café de Flore ou Les Deux Magots de Prague, c'est là que l'ex-président de la République, le poète nationaliste Vaclav Havel avait établi ses quartiers, client assidu pendant ses longues années de dissidence.
Cet après-midi-là, un autre Prague se révélait: celui des intellectuels, artistes, poètes, écrivains réprimés des années communistes sous la botte russe et aussi, celui plus ancien où hanté par l'absinthe peut-être, le client du Café Slavia se projetait dans un monde meilleur au travers des vapeurs éthyliques. Prague a toujours fait l'objet de tourmentes politiques ou économiques qui ont "tué" ses intellectuels.

Poulette et moi regarderons longtemps la grande reproduction du mur du fond du Café montrant justement un client ivre d'absinthe s'adressant au spectre verdâtre d'une jolie femme nue juchée sur sa table...
Café Slavia offre une cuisine tchèque mémorable, pas si lourde et réconfortante quand on a marché des heures sous la bruine. Vive le Old Prague beef goulash, choice of Czech dumplings ! (139 Kr - $7,50) Et enfin, un garçon de table attentif, discret, aimable...
Parce que, faut le dire, d'abord je m'attendais à plus de diligence de la part du personnel dans les restos, magasins et à l'hôtel. On m'avait dit: "Ah! Voyez-vous, ils en veulent du tourisme, c'est une industrie importante pour eux. Ils sont charmants !" Eh bien, non. Sont pas nécessairement zentils. La gentillesse ou l'avenance, appelez ça comme vous voudrez, a été aussi aléatoire que la chance au bingo. Comme comité d'accueuil on fait mieux. J'ai eu parfois envie de hurler "Mais qu'est-ce qu'elle a ma gueule ?" Mais je me dis... (À suivre)
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* Voir un prochain blogue...
**Apparemment que le Frankovka, grand cépage de rouge de la Moravie est excellent. Je n'ai pas eu la chance d'y goûter. J'ai par contre goûté quelques Modrý Portugal (cépage rouge) très très bons et pas chers. Ces vins gagneraient à être connus hors-frontières. J'ai hâte de voir si j'en trouverai ici ou à Montréal.
*** Marci ben! en tchèque.
****Titre: Ma gueule. Auteur: Éric le funeste Lapointe
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